Qui n’aurait pas envie d’adopter l’adorable bestiaire de l’Atelier Lugus ? En carton de récupération ou en peuplier de la Sarthe, gorilles, girafes et et rhinocéros sont ainsi domestiqués. José, Carlos, Eustache, Brindille et Olaf sont les premiers de cette drôle de collection que l’on retrouve en sculptures prêtes à être exposées ou en maquettes à assembler soi-même. Pour ces dernières, véritables Puzzle 3D, pas besoin d’être un grand bricoleur : un tube de colle, des ciseaux et une heure de pause suffisent ! Certaines ne prennent qu’une micro-place sur vos étagères, d’autres plus imposantes peuvent vous porter. À l’origine de ce projet à la fois ludique, sensible et éco-responsable : Jérémie Goriaux et David Guyon.

La rencontre

Après un master d’art plastique en sculpture et une formation en charpente auprès des compagnons, Jérémie s’envole vers d’autres contrées. Il explore les Caraïbes, le Brésil, l’Argentine, le Chili, la Nouvelle Zélande, l’Australie…et revient à Nantes sans pour autant abandonner son esprit voyageur : l’artiste artisan fréquente alors une « batucada », une fanfare de samba brésilienne. C’est peut être un détail pour vous, mais c’est dans cette batucada qu’il rencontre pour la première fois David. Diplômé d’architecture, David revenait de Paris et souhaitait quitter le milieu de l’agence d’architecture pour retrouver un autre sens à son travail. David ressentait alors le besoin de travailler avec ses mains, avec des matériaux locaux et dans des délais plus courts. Toutes ses envies ont croisé celles de Jérémie dans ce qu’ils appellent aujourd’hui : l’Atelier Lugus.

Quand l’aventure de l’Atelier Lugus a-t-elle véritablement commencé ?

David : En 2015, nous étions tous les deux sans emploi. Jérémie avait sculpté un rhinocéros et une girafe en carton de récup’. Il cherchait à les reproduire. Grâce à ma passion pour le graphisme et mon expérience d’archi à Paris, qui m’avait permis d’approfondir ma maîtrise de la modélisation 3d, j’avais les compétences techniques pour numériser les animaux en carton. Il a fallu une grande quantité de photos et retravailler leur silhouette virtuellement et la découper en tranche pour en faire des gabarits.

Comment naissent vos animaux ?

David : Nous travaillons sur un logiciel de sculpture virtuelle pour travailler les silhouettes, puis nous découpons ce volume virtuel en tranches virtuelles. Nous obtenons alors des gabarits que l’on retouche un par un sur Illustrator afin d’obtenir des courbes harmonieuses. À partir de cette étape, nous dissocions la création des gabarits des maquettes de celle des gabarits de la sculpture.

Le carton utilisé provient de vendeurs de vélos de la région nantaise car son épaisseur et ses dimensions sont idéales pour créer les différents gabarits. Pour le bois, Jérémie et David travaillent avec une scierie Sarthoise qui leur fournit du bois de Peuplier issu de forêts gérées durablement et situées dans un rayon de 100km seulement autour de la scierie. L’Atelier Lugus aime titiller l’imaginaire tout en contrôlant l’impact environnemental de son travail. C’est d’ailleurs dans cette logique que David et Jérémie ont fait déborder leur créativité en lançant, au sein de l’Atelier Lugus, une série d’affiches minimalistes (en séries limitées) et une gamme de mobilier (on adore !) inspiré des années 50 et du style scandinave aux formes épurées.

Et au fait, pourquoi ce nom ?

David : En fait, nous cherchions un nom court avec un côté joyeux et ludique. Lugus, c’est le nom latin de « Lug », Roi des dieux celtes et Dieu de la créativité et des arts. Nous trouvions que cela faisait sens avec l’aspect transdisciplinaire de notre projet. 

À deux cerveaux et quatre mains, l’Atelier Lugus fait durablement rimer créativité et ludique !