Charles-Eric Charrier est un de ces personnages de l’art nantais, silencieux, marginal et marquant dans son œuvre. Ce musicien capable, dès son premier cours de basse, de se lever et de s’en aller car il savait que ses défauts allaient devenir son œuvre, nous accueille dans son antre.

D’abord bercé par la vague Punk, Charles-Eric Charrier a démarré la musique au début des années 80. Issu du mouvement After Punk et New Wave, l’artiste a très vite trouvé sa voie lors d’une rencontre avec un groupe de musique expérimentale rythmé par des réveils et aux batteries de taule. C’est cette expression musicale particulière que le bassiste nantais a adoptée et qui c’est ce l’a poussé à monter, avec ces mêmes musiciens, le groupe Nogodada. En parallèle Charles-Eric C. fonde le groupe Dreta Lorelie avec le chanteur de Nogodada. Un groupe qui dure une dizaine d’années et qui connaitra un épilogue « douloureux » : « C’est avec nos erreurs que l’on s’améliore » et c’est ainsi que Charles-Eric C. enchaîna le duo « Man » et sa carrière solo.

Son âme est empreinte de l’esprit des Sex Pistols. Le « Just do It » et la générosité de Johnny Rotten, chanteur à l’apogée du groupe anglais, l’ont vraisemblablement marqué à jamais. Charles-Eric C. se proclame « héritier des années 80 » innovant dans la musique en permanence, sans comparaison possible.

 Il se laisse porter par sa musique, s’oublie pour mieux se trouver…

Lorsque nous lui parlons de composition, la discussion prend un autre tournant : nous apprécions l’ampleur de sa créativité. Il se laisse porter par sa musique, s’oublie pour mieux se trouver à l’intérieur car « la découverte de soi est déjà expérimentale ». De nombreuses personnes l’ont influencé notamment le premier bassiste des Cure, des Stranglers et les partitions rondes en contrechant de la basse de Gainsbourg qui laissent une grande place au texte pour mettre en valeur son parlé .

Généreux dans sa musique, l’artiste l’est également dans la vie et tient à rendre hommage à ses plus proches collaborateurs avec qui il travaille depuis un certain temps déjà. Cyril Secq, le guitariste du groupe « Astrid », Nicolas Richard « Kovalesky » et Renan Benoît. C’est avec ces personnes là qu’aujourd’hui un nouvel album intitulé « Paper » et un projet d’orchestre voient le jour. Enfin pour les amoureux de musiques expérimentales, il sera présent le 7 Décembre au Blockhaus DY-10, pour un concert qui promet un voyage et un dépaysement auditif total.

Nous quittons Charles-Eric C., appareil photo en main : « Une photo de moi ? Et pourquoi pas la photo d’un arbre ou d’une plante qui prend ses racines dans la terre pour pouvoir s’élever au ciel ».

Rédaction: Kevin Dedieu // Illustration: Twindaisies Records