«À un concert, je ne vais pas écouter la musique, je vais regarder les gens. En fait, plus qu’une passion, la photographie est pour moi un moyen d’expression, une possibilité de montrer à qui veut bien regarder ce que je vois, ma sensibilité.»

À la terrasse d’un café, quartier des Olivettes, non loin de son studio, Germain Herriau nous confie son histoire, celle d’un coup de foudre pour la photographie. Bam !

Quel est ton parcours ?

  • Je suis d’origine rennaise. Après avoir tenté des études de sport à Paris, j’ai finalement travaillé en tant que conseiller commercial en concession automobile. Je suis venu à Nantes en 2007 pour ouvrir et tenir le deuxième magasin de mes parents, spécialisé dans les accessoires et le mobilier de jardin.

Tu as donc tenu un magasin spécialisé dans le jardin ?

  • Mes parents ont une vraie passion pour le jardin. À côté de leur activité de commerçants à Rennes, ils sont également paysagistes. À vrai dire, je ne partage pas avec eux l’amour du jardin et des végétaux mais j’ai voulu relever le challenge. Après avoir travaillé dans une équipe de cinquante salariés, je me suis retrouvé seul dans mon magasin.

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Comment la photographie est entrée dans ta vie ?

  • On s’était dit qu’il fallait faire la promotion des réalisations de mes parents en paysagisme. Alors à Noël 2009, nous avons investi dans un reflex. Et bam, la rencontre ! J’ai tout de suite été fasciné par l’objet, par le déclenchement. Ça claque ! Bon, au final, je n’ai pas tant photographié de jardins mais je me suis découvert une passion.
« Je ne suis pas photographe, je fais de la photographie. »

Tu n’avais jamais eu d’expériences photographiques auparavant ?

  • Je n’avais jamais mis l’oeil dans un oeilleton. J’avais déjà eu des petits appareils compacts pour les photos de vacances, de plage ou d’église en mode automatique. Je ne m’étais jamais intéressé plus que ça à l’image. Avec le reflex, j’ai commencé à me documenter sur la photographie au sens large et la technique en écumant les forums pour comprendre comment ça fonctionne.

Qu’est-ce que tu as eu envie de faire, de photographier ?

  • J’ai eu tout de suite une envie folle de gérer la profondeur de champ. J’étais fasciné par ça et maintenant je ne le suis plus du tout. J’ai compris que c’était la composition qui m’intéressait et le fait d’avoir une netteté infinie. J’ai fait beaucoup de sorties, j’ai fait de la photographie de rue.

Comment t’es-tu lancé ?

  • En 2012, j’ai arrêté de tenir le magasin de mes parents et je me suis totalement investi dans la photographie. J’avais fait la rencontre de Cédric Chassé, un photographe nantais qui était venu au magasin pour le photographier. Je suis resté en contact avec lui et pendant un an, j’ai été ponctuellement assistant lors de ses reportages décoration. Puis j’ai fait des formations en studio et notamment en logiciels. J’ai compris l’importance de la post-production et de la maîtrise de Photoshop. Après deux années où j’ai beaucoup appris, je me suis lancé à mon compte. Je ne suis pas photographe, je fais de la photographie.

Qu’est-ce qui a été le plus complexe et le plus exaltant ?

  • Etre seul dans mon projet, se lancer dans le grand bain et avoir cette obligation de résultat dans un temps imparti. Avec le temps, j’ai transformé ce stress en bonne pression. Le plus exaltant ? L’image. Quand je décharge mon appareil et que je sais qu’il y a de belles photos.

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Est-ce que la photographie te parait aujourd’hui comme une évidence ?

  • Au fil du temps, je me suis rendu compte que j’étais visuel. Mes émotions passent par ce que je vois. Depuis petit, j’ai toujours observé les gens, à l’école, dans les transports en commun, dans les rassemblements. À un concert, je ne vais pas écouter la musique, je vais regarder les gens. En fait plus qu’une passion, la photographie est pour moi un moyen d’expression, une possibilité de montrer à qui veut bien regarder ce que je vois, ma sensibilité.

Comment décris-tu ton style ?

  • Disons que j’aime la photographie posée, maîtrisée, l’architecture, le portrait, le produit, les reportages. La première chose que je fais lors d’un portrait, avant de me concentrer sur la personne, je me concentre sur le lieu. Mes photos sont très architecturales, elles sont toutes composées. Quand tu as créé les bonnes conditions, tu n’a pas besoin de chasser la bonne image mais de la pêcher simplement. Parfois j’aimerais bien m’en détacher, il y a des lignes partout ! En fait j’aborde la photo comme des mathématiques, de la logique, mais je sais aussi qu’il faut maîtriser la technique pour mieux s’en éloigner. Moi qui pensais que mes photos pouvaient être comparées à des photos d’enfants, colorées, simples et épurées
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