Édito : Prendre le temps

« Je n’ai jamais séché pour un edito. Même lorsque j’ai cru que j’allais sécher, la petite étincelle d’idée est toujours arrivée, à point nommé, pour éclairer les mots de cette page. Si j’y arrive, chaque fois, c’est peut-être parce que je ne m’interdis rien et qu’un mot en entraine toujours un autre, c’est mon fil rouge à moi. Lorsqu’il m’arrive de caler, lorsque la feuille ne se fait plus blanche mais approche la transparence alors je me laisse transporter par mes pensées. Je tombe sur cette petite plume de paon, dans mon pot à crayon, qui me rappelle une étrange rencontre qui m’inspire. Ou pas. Je relance alors la balle imaginaire qui rebondit dans chaque recoin de ma tête. Aïe. Elle a rebondi trop fort. Dans ce ping pong incessant, mon regard n’explore plus ce qui lui fait face pour m’exposer, comme de vieilles diapositives, le fond de mes pensées. Il fait flou. Je reviens au moment présent. Ma page est toujours là. Elle m’attend patiemment. Je suis alors prête à lui livrer les fruits de mon exploration. Ma quête est celle de l’infini dans la finitude, la recherche de cette pause éternelle, de ce moment suspendu où les aiguilles se figent, dans une vie bornée et rythmée, où il y a un début et une fin. Cette quête je l’ai assouvie en lisant, puisque la lecture distord le temps, et en écrivant, puisque l’écriture capte et grave le moment. Alors, merci d’avoir pris le temps de me lire, car il est temps pour moi de vous dire au revoir sur cette page, papier à mots à Edito. »

Gina Di Orio + Damien Gillet