Elsa Binet et Pascal Odic nous ouvrent les portes de leur atelier où ils confectionnent de beaux carnets prêts à voir coucher sur leurs pages nos plus belles idées. Un couple, une aventure.

À Saint-Même-le-Tenu, au sud de Nantes, Elsa et Pascal ont trouvé la maison-atelier où leurs désirs deviennent réalité. Amoureux du papier, du beau, de la nature et des animaux, les créateurs de l’imprimerie House of Press ont engagé depuis fin 2015 un tout nouveau projet : Les Editions du Paon. Fruits de ces nouvelles éditions, des carnets imprimés en letterpress de manière artisanale, sur la mythique presse Heidelberg, ont vu le jour.

paon8Quel est votre parcours ? Où vous êtes-vous rencontrés ?

  • Elsa : Pascal a fait ses études à Rennes en faculté d’Arts Plastiques, et moi j’ai été à l’ECV à Nantes.
  • Pascal : Oui, mon parcours est plus artistique que celui d’Elsa qui est plus graphique et publicitaire. J’avais fini mes études lorsqu’on s’est rencontré à Nantes.

Comment êtes-vous arrivés à créer ensemble House of Press, un service d’imprimerie typographique ?

  • E : Pascal a beaucoup fait de sérigraphie, moi j’ai travaillé en agences. Puis nous avons été tous les deux freelances.
  • P : C’est en fait après l’achat de notre première presse typographique que nous avons décidé de créer House of Press.
  • E : Oui c’est la presse qui nous a réunis. On l’avait achetée pour s’amuser, on s’est formé seuls à son fonctionnement et puis on s’est fait plaisir en travaillant sur de beaux supports de manière artisanale.

Où trouve t-on ces presses anciennes ?

  • E : Essentiellement sur Internet sur les sites de petites annonces. La première presse passait par notre porte, mais nous avons dû déménager pour en accueillir d’autres.
  • P : En fait il ne faut pas trop nous tenter, plus on a de l’espace plus on a envie d’y exposer d’autres belles machines même si c’est très contraignant de les déplacer tellement elles sont lourdes. Ici on en a quatre, dont deux qui nous servent moins qu’avant et que l’on utilise uniquement pour des prototypes.

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Une petite anecdote peut être ?

  • E : On a eu de la chance car la notice livrée avec la première machine était bien en français.
  • P : Bon, la première chose qu’on a quand même cherchée cela a été le bouton pour l’allumer.

Comment êtes-vous passés de l’impression pure au projet plus global des Editions duPaon ?

  • E : On était finalement devenu des imprimeurs, on ne créait plus et ça nous manquait.
  • P : Depuis le début de House of Press, on s’était dit qu’on concevrait un jour nos propres carnets. C’est un support séduisant qu’on aime particulièrement même si j’utilise, personnellement, beaucoup de feuilles volantes plus que des carnets pour mes crayonnés.

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Et pourquoi ce nom ?

  • P : C’est un hommage à nos animaux de compagnie, nous avons un couple de paon.
  • E : Oui, ce n’est pas commun(rire). Ils se baladent un peu partout, se perchent sur le toit et peuvent passer leur journée à se regarder dans un miroir.
  • P : C’est bête mais je rêvais d’avoir un paon. C’est un animal de compagnie très nonchalant. C’est un peu comme un chat.

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Parlez-nous de vos carnets, comment les concevez-vous ?

  • P : J’ai fait pas mal de dessins depuis ces dernières années qui me servent à présent pour illustrer les couvertures de nos carnets.
  • E : Pascal dessine donc puis on fait faire nos plaques de magnésium par une clicherie, c’est la seule partie que nous sous-traitons. Ces plaques sont ensuite placées dans notre première machine qui encre le papier puis dans la deuxième chargée du marquage à chaud couleur bronze. Les papiers sont déjà façonnés au format final grâce à notre massicot. Une fois les couvertures imprimées, place à la couture Singer pour relier toutes les pages du carnet.
  • P : Petit détail, mais les bords arrondis sont également coupés à la main.

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Dans cette véritable promotion de l’artisanat et du fait-main, comment avez-vous conçu votre première collection de carnets ?

  • E : Nous avons choisi de travailler sur le papier ColorPlan de GF Smith de couleurs bleu nuit, rose et vert. Un nuancier que nous avions repéré et qui nous plaisait beaucoup.
  • P : Ce n’est pas évident de faire des choix, mais pour se lancer c’était essentiel. Nous avons donc créé une collection de quinze carnets composés de cinq séries. Sobres ou très illustrées, les couvertures ont été conçues pour plaire au plus grand nombre.

C’est au son des machines et de leur douce cadence que nous quittons Elsa et Pascal dont la promesse est de sublimer encore et encore notre quotidien de beaux objets. Et ce n’est pas M. Paon et Mme Paonne, Ernest et Yolande, inspirateurs bien plumés, qui vous criailleront le contraire