Sous la coupole de verre, la danse a commencé.

Rue racine, l’immeuble, aux allures d’hôtel particulier, a été conçu au départ pour accueillir le siège de la Compagnie Générale Accidents. De style art déco, il est classé au Patrimoine du XXe siècle et abrite de nos jours la Société d’Économie Mixte en charge de la gestion et de l’animation des équipements publics à Nantes.

Sous sa coupole pavée de verre, l’œuvre s’étire. Baignée de lumière, la sculpture de l’artiste catalan Julio Gonzalez, semble rechercher l’équilibre. Mêlant finesse et brutalité, la danseuse échevelée, datée de 1935, se meut dans un espace qui semble lui faire écho. Elle se joue de nos regards, nous la surprenons en pleine danse. Élégante, cette silhouette de fer forgé s’épanouit avec audace dans l’espace et se saisit de la grâce d’un corps sans pour autant l’imiter. Elle évoque sans représenter, elle n’est pas le double d’un corps humain.

Ici, c’est le mouvement et le fait de donner du volume au vide qui figurent la réalité et toute la dynamique d’un corps.

Les marques de soudure et sa matière brute en font une forme accidentée, loin du lissé. Les traces évidentes de l’exécution de l’artiste marquent la spontanéité et renforcent la fougue de la danseuse. Orfèvre, dans sa jeunesse, Julio Gonzalez laisse de côté tous ces codes qui font que l’on sublime la matière sans marque, sans cicatrice. Si aucun détail n’est exact, il ne recherche pas pour autant l’abstraction ; il croit en l’effet d’ensemble. Pour l’artiste, la figuration n’a jamais été synonyme de ressemblance. Ici, c’est le mouvement et le fait de donner du volume au vide qui figurent la réalité et toute la dynamique d’un corps. Le vide devient matière, le plein devient subtil.

Entrerez-vous dans la danse ?

Dans le cadre du Voyage à Nantes, du 15 juin au 19 août, 14-16 rue racine.

Rédaction : Gina Di Orio / Photo : Ville de Nantes -Musée des Beaux-Arts, P.Jean/ADAGP, Paris

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