Rencontre avec Kazy, graffeur globe trotter et coordinateur artistique de l’exposition éphémère et collaborative, Villa Ocupada. Un projet à sa mesure, ambitieux et humain.

Comment décrirais-tu ton univers artistique ?

Kazy : J’aime avoir différents langages : être explosif et coloré ou alors être beaucoup plus obscur et contrasté. C’est une sorte d’équilibre. Les animaux que j’ai l’habitude de représenter sur mes peintures sont une entrée plus libre avec le public, il y a un côté universel qui me permet de faire passer des messages plus facilement.

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Ton travail a-t-il évolué depuis tes débuts ?

Kazy : J’ai dû commencer le graff et la peinture il y a 15 ans environ, mais je continue à apprendre sur les différentes pratiques qui se font. Je voyage beaucoup pour explorer des nouveautés artistiques qui viennent d’ailleurs, en expérimen- tant d’autres manières de peindre afin d’acquérir une palette de techniques. J’ai plus de facilités à créer lorsque je suis à l’étranger car je rencontre beaucoup de personnes, et je vis en immersion totale dans la tradition locale du pays. La dynamique du voyage me plaît énormément, tout est différent. Dans la plupart des endroits où je suis allé, peindre dans la rue est beaucoup plus simple et les habitants sont étonnés et s’interrogent sur ce que je fais. Cela crée une dynamique de dialo- gues et de partages très enrichissante.

© Kazy Usclef

Est-ce important pour toi de connaître l’histoire d’un lieu ou d’un mur avant d’y laisser ton empreinte ?

Kazy : Oui, c’est très important pour ne pas se focaliser uniquement sur l’esthétique de l’œuvre. J’aime l’idée que mes oeuvres soient ouvertes à l’imaginaire de chacun.

Outre le graff, tu te passionnes pour l’édition et l’objet papier, tu as notamment collaboré récemment autour d’un livre nommé “Amour chien”.

Kazy : Oui, ‘‘Amour Chien’’ est une adaptation inspirée d’un poème de Jean Anouilh, je l’ai réalisé avec Alice Rizio dans le cadre du festival Kraft. Nous avons réinterprété cette oeuvre et proposé une nouvelle lecture. C’était un petit défi, une expérience nouvelle et différente qui requiert beaucoup de patience. C’est un croisement d’univers, une belle création collaborative, un peu comme avec la Villa Ocupada où les artistes ont des pratiques distinctes.

© Kazy Usclef

Justement, peux-tu nous en dire plus sur ce fameux projet de “Villa Ocupada” ?

Kazy : Pour ce projet estival, que je mène avec Pick Up Production, nous souhaitions investir un bâtiment abandonné en réalisant un événement éphémère autour de l’art du muralisme. C’est un mouvement qui a vu le jour au Mexique, dans le prolongement de la révolution du début du 20e siècle, et qui est très diversifié dans son exécution. Certains artistes utilisent le collage, d’autres la peinture, le bois et même le béton. La ville nous a proposé ce lieu à l’abandon, ancien bâtiment de la Mutualité à Nantes et voué à une démolition en 2015. Tout de suite l’idée d’un parcours s’est imposée. Comme un voyage dans un dédale de couloirs et d’escaliers étalés sur 3 niveaux, des œuvres figuratives et oniriques d’une vingtaine d’artistes d’Amérique latine et d’Europe seront présentées tout l’été.

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Comment as-tu connu ces artistes, qu’est-ce qui les lie entre eux sur cette exposition ?

Kazy : Pour la plupart cela fait déjà un moment que je suis leur parcours. J’en ai rencontré certains en France, et d’autres en Amérique du sud lors de mes différents voyages. Ce sont des artistes lar- gement influencés par leurs traditions culturelles. Ils réalisent des fresques figuratives, leurs univers est sensible et narratif, ils nous racontent des histoires naïves aux messages forts. Pour la Villa Ocupada, les artistes programmés respectent cette tradition de peinture dans la rue et dans l’espace public mais n’utilisent pas uniquement la bombe. Ils occupent leur espace de manière à le rendre attrayant et divertissant pour l’œil. Ils jouent sur le volume pour ne pas rester forcément sur de la 2D.

© David Gallard - Villa Ocupada

Toi qui aime les histoires, quels seraient le titre et la morale de l’histoire de la “Villa Ocupada” ?

Kazy : Il n’y en a pas vraiment, je ne voulais pas figer une histoire avec tous les artistes. J’étais davantage intéressé par le côté ‘‘parc d’attraction visuel’’ où une œuvre t’intrigue tandis qu’une autre te sensibilise davantage. Les gens pourront suivre différentes histoires en une seule balade. L’histoire se construira tout l’été au gré des rencontres et de la vie du lieu.

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