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Levez la tête vous ne verrez qu’elle. Tranchant le ciel de Nantes, la mal-aimée a elle aussi sa petite histoire à nous livrer.

« Toute la zone de la place de Bretagne et de la rue du Marchix, écrasée de bombes et reconstruite à neuf, surplombée par l’énorme Tour de Bretagne, plantée toute seule agressivement comme le pieu de Dracula au coeur de cette ville vampirique, est d’ailleurs le quartier de Nantes qui aujourd’hui me dépayse le plus : derrière les vitrages miroitants des nouveaux immeubles officiels, j’ai peine à faire encore transparaître l’enduit jaunasse, écaillé, l’aspect général de négligence pénitentielle, de quartier promis à la rénovation qui était celui des maisons ceinturant la place Bretagne, déserte et baîllante à deux pas de la rue du Calvaire comme un champ de foire de sous-préfecture aux jours sans… » Voilà comment Julien Gracq, dans son livre « La forme d’une ville », voit ce quartier Bretagne et sa fameuse tour.

La Tour Bretagne fait partie du paysage urbain de la Cité des Ducs, et l’on doit faire avec… qu’on l’aime ou qu’on la déteste. Elle est là, surplombant la ville : fière vigie et symbole de puissance pour les uns, tour infernale et simple verrue défigurant la ville pour les autres, elle ne laisse personne indifférent, au point que plusieurs années avant son inauguration, le 18 novembre 1976, elle faisait déjà abondamment parler d’elle.

Troisième tour la plus haute de province après celles de Lyon et Marseille, la Tour Bretagne a été édifiée sur l’ancien quartier du Marchix, après qu’il fut démoli en très grande partie en septembre 1943 par les bombardements américains.

Ce quartier, déclaré insalubre en 1939 était promis à une rénovation en profondeur, appelée projet « Marchix ». Mais l’histoire en décida autrement : À partir de 1945, le Marchix prit finalement une toute autre tournure, avec l’édification d’un vaste pôle administratif sur la place Bretagne, puis le percement de la rue de Budapest en 1952 et, une bonne vingtaine d’années plus tard, la Tour Bretagne.

Initialement, il n’était pas question d’établir une tour à cet endroit, mais le terrain à construire n’était pas suffisamment vaste. De plus la déclivité de l’emplacement et la nature du sous-sol ne se prêtaient pas à d’autres réalisations : on opta donc dès 1968 pour une tour, qui donnerait à la ville une dimension supplémentaire, renforçant son rôle de métropole régionale. Les plans d’alors prévoyaient un parking souterrain de 6 niveaux incluant une station-service, un centre-commercial sur 3 étages, des bureaux et au sommet, une terrasse agrémentée d’un restaurant panoramique.

Les travaux ne purent débuter que le 30 septembre 1971, sous la houlette de deux architectes, Claude Devorsine et Marcel André. La date de début des travaux fut notamment reportée parce qu’on oublia purement et simplement de déposer la demande de permis de construire ! Un acte manqué ?

5 ans plus tard et après de nombreux amendements au projet d’origine, le grand parallélépipède à section carrée de 144 mètres de haut sortit de terre : la Tour Bretagne, imposante construction de 29 étages, sans compter les étages techniques, de 27,20 mètres de côté, posée sur une épaisse chape de béton soutenue par des piliers, totalisant 2 hectares de surface habitable, comptant 8 ascenseurs et 7 escalators, était – enfin ? – née.

Depuis 10 ans, et pour quelque temps encore la terrasse panoramique est interdite au public. En 2012, les Nantais pourront à nouveau grimper au sommet de la tour et avoir une vue à 360° sur la ville et ses environs : une aubaine pour ceux et celles qui rêvent de voir la Tour Bretagne rasée et pourront ainsi s’extasier sur le paysage, sans avoir la tour en ligne de mire !

À noter : les archives municipales n’ont aucune trace iconographique des débuts de la Tour Bretagne, ni même de son inauguration. Seules existent les photos de particuliers pour témoigner de son histoire.

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