Non, je ne suis pas thérapeute de couple.

La question m’est posée presque à chaque premier échange, et elle est légitime : j’accompagne des couples, sur des sujets qui touchent à l’intime autant qu’au professionnel. Ma réponse est pourtant sans ambiguïté. Ce que j’accompagne, ce n’est pas votre histoire d’amour : c’est la gouvernance du duo que vous formez à la tête d’une entreprise. Cette distinction n’a rien d’un détail administratif, elle est au cœur de tout ce que je fais.

Gina Di Orio travaille sur son ordinateur dans son bureau — gouvernance du duo des couples entrepreneurs

Ce que la thérapie de couple regarde et ce qu’elle ne regarde pas

La thérapie de couple s’intéresse à la relation elle-même : son histoire, ses schémas affectifs, les blessures qui se rejouent. C’est un travail précieux, souvent nécessaire, et je ne m’y substitue jamais. Quand un couple que j’accompagne en a besoin, je l’oriente vers un thérapeute sans hésiter.
Mais un couple qui entreprend ensemble a, en plus de sa relation, une structure à diriger, une répartition de l’autorité, des règles de décision et une manière d’arbitrer les désaccords qui engagent l’entreprise. Cette structure n’a presque rien à voir avec l’histoire affective du couple, elle a tout à voir avec la façon dont n’importe quelle organisation à deux têtes, amoureuse ou non, doit s’organiser pour tenir.

La confusion la plus fréquente et la plus coûteuse

Ce que je rencontre le plus souvent, c’est un problème de gouvernance traité avec des outils de thérapie. Ou l’inverse.

Un désaccord sur qui tranche en cas d’arbitrage stratégique n’est pas, à la base, un problème relationnel. C’est un problème d’organisation, exactement comme il le serait entre deux associés sans lien amoureux. Le traiter uniquement par le dialogue et l’écoute, sans jamais poser de règle, condamne le duo à revivre le même différend à chaque décision. On ne résout pas par la parole ce qui manque en structure. C’est précisément la raison pour laquelle un couple entrepreneur devient votre plus grand actif ou votre plus grand risque.

À l’inverse, une blessure ancienne ne se répare pas en rédigeant une charte, aussi bien conçue soit-elle. Vouloir régler par des rôles et des procédures ce qui relève de l’histoire intime du couple, c’est habiller une souffrance en problème d’organisation. Ça ne fonctionne pas davantage.

Un exemple : le jour où personne n’a le dernier mot

Un couple que j’ai accompagné, dix ans d’entreprise environ, deux enfants, une croissance qui s’accélère, arrive avec cette phrase : « On n’arrive plus à se parler. »
En creusant, il ne s’agissait pas de communication, mais d’un recrutement de directeur commercial sur lequel ils n’étaient pas d’accord, et d’une question à laquelle personne, en dix ans, n’avait jamais répondu : qui tranche quand nous ne sommes pas d’accord ? Faute de réponse, chaque désaccord professionnel devenait un référendum sur la relation. Le dimanche soir y passait.
Nous n’avons pas travaillé leur communication. Nous avons écrit, en une phrase, la règle d’arbitrage qui manquait : les décisions commerciales tranchent côté commercial, les décisions produit tranchent côté produit, et les décisions engageant plus de X € se prennent à deux ou pas du tout. Ils ont recommencé à se parler la semaine suivante.

Ma place : la gouvernance du duo, pas l’intime

Mon travail se situe exactement là où ces deux mondes se touchent, sans jamais empiéter sur le second. Je n’explore pas votre histoire de couple, je ne travaille ni vos schémas affectifs ni votre communication de partenaires de vie. Je m’intéresse à ce que votre duo, en tant que structure dirigeante, doit poser pour fonctionner : qui décide quoi, comment se répartissent les rôles, quelle règle s’applique en cas de désaccord, comment une tension se traite avant de déborder sur le reste. Ce positionnement a une conséquence directe sur ma pratique. Je ne cherche jamais à analyser pourquoi vous réagissez ainsi l’un envers l’autre. Je cherche à poser avec vous la règle qui manquait, pour que vous n’ayez plus à improviser à chaud, chargés d’affect, une réponse à un problème qui est d’abord un problème d’organisation. C’est tout l’objet du travail que je propose pour poser la gouvernance de votre duo.

Pourquoi cette distinction protège votre couple

Loin d’être une posture froide, cette séparation est une protection. La plupart des crises que je vois ne sont pas des crises de couple : ce sont des crises de gouvernance qui ont fini par emprunter le visage du couple. Tant que les désaccords de direction sont vécus comme des désaccords amoureux, c’est votre intimité qui absorbe, encore et encore, les tensions de l’entreprise. Elle n’a pas été construite pour ça. En donnant à la gouvernance du duo son propre cadre, ses propres règles, son propre document, vous libérez votre couple d’une charge qui ne lui revenait pas. Il cesse d’être le seul endroit où se négocient les décisions professionnelles.

Assumer, Structurer, Rayonner : ce que ça change

C’est cette conviction qui a fondé ma méthode Assumer, Structurer, Rayonner : assumer que le couple est une structure de gouvernance à part entière, la structurer avec des outils faits pour elle, afin que le duo puisse enfin rayonner sans que chaque décision d’entreprise vienne fragiliser ce qui vous lie. Si vous cherchez un accompagnement pour votre relation elle-même, un thérapeute de couple est la bonne adresse, et je vous le dirai franchement. Mais si ce que vous cherchez, c’est poser la gouvernance de votre duo (clarifier les rôles, nommer qui décide, écrire la règle qui manque) alors c’est exactement mon terrain. Et, nous pouvons commencer par en parler de vive voix.

Je suis Gina Di Orio, fondatrice du Studio idîle à Nantes. J’accompagne les couples entrepreneurs avec ma méthode Assumer · Structurer · Rayonner, forgée par 16 ans d’expérience en branding, 10 ans d’entreprise en couple, et un amour intact pour la philosophie et la psychosociologie.