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Des scarabées, des oiseaux, des fleurs, des mains, des ex voto… De fils et de paillettes, ces bijoux brodés, ces précieuses parures sont le fruit de nombreuses heures de travail et de minutie. C’est dans son atelier coloré, semblable à un petit cabinet de curiosité, qu’Elodie Joly, leur créatrice, nous reçoit pour évoquer tout le chemin qu’elle a parcouru jusqu’à la création de sa marque : l’Honorable.

L'Honorable met en valeur le temps précieux de création, la minutie et le fait-main

Décris-nous ton parcours ?

Je suis partie du Mans pour faire un BTS en “espace de communication” dans la très bonne école Olivier de Serres. J’ai vite découvert que je préférais m’attarder sur les maquettes et la scénographie plutôt que sur la communication en elle-même. Après mon BTS, j’ai donc naturellement intégré les Arts Décoratifs dans la section “design textile”. Et là, ce fut le bonheur ! De la couleur, de la matière, des motifs, tout me plaisait ! Pour mon diplôme, j’ai présenté une collection de papiers peints qui a été directement éditée à la fin de mes études. À peine sortie de l’école, me voilà freelance, en collaboration avec les maisons les plus prestigieuses. Je passais de missions en missions, j’apprenais chaque fois de nouvelles choses, de nouvelles techniques. J’ai côtoyé les équipes de LVMH, D.Porthault, Yves Delorme, Kenzo Maison, Roche Bobois, René Derhy… et j’ai fini par accepté un poste en tant que salariée chez Kenzo pour l’univers enfant. C’est une maison avec laquelle je collaborais déjà. J’y suis restée quelques années et j’ai ressenti le besoin de m’évader…

Un besoin d'évasion qui t'amène à créer l'Honorable ?

Pas vraiment, pas tout de suite. Je suis tombée enceinte en 2014. Et c’est là que j’ai commencé à créer pour moi-même et les copines, je brodais des petites choses. J’ai approché la broderie chez Kenzo, j’ai beaucoup appris. Après mon accouchement, je suis retournée chez Kenzo et j’ai profité d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi pour partir et me former à tous les aspects de la création d’une entreprise. J’avais quelques idées en tête, c’était le moment ou jamais !

De grandes pièces brodées inspirées de la faune et de la flore

Comment l'aventure a t-elle véritablement commencé ?

J’ai pris le temps de créer, de savoir ce que je voulais vraiment proposer. Je voulais broder de grandes pièces figuratives et abstraites, inspirées de l’animal, du végétal, des ex-voto. Et puis je me suis aussi beaucoup préparée à lancer ma première collection. Je savais que si j’avais des commandes je ne pourrais pas tout produire de mes petites mains, il fallait bien m’entourer. J’ai connu des créateurs qui n’avaient pas préparé leurs productions et qui ont du refuser de belles collaborations. J’avais donc déjà noué des liens avec un atelier indien. Car, en France, malheureusement, il n’est pas possible de faire faire des pièces comme les miennes. Les ateliers travaillent pour les grandes maisons pas forcément avec des brodeuses indépendantes comme moi.

Comment décrirais-tu tes relations avec cet atelier ?

En fait, j’ai fait la découverte de cet atelier à l’époque où je ne savais pas encore que j’allais monter ma marque. Un agent parisien m’avait parlé de cet atelier. Lors de mon premier voyage en Inde, j’ai décidé d’aller le découvrir à Mumbaï, par pure curiosité. Je ne décrirai pas mon voyage en Inde, mais ce pays est marquant. J’y ai donc découvert un petit atelier, loin des grands ateliers et de leurs succursales. C’était un atelier de création indépendant qui ne travaillait que pour la haute couture. J’ai visité les différents espaces, et j’y ai découvert mon travail affiché sur les murs. Des créations issues de mes anciennes collaborations, notamment chez Kenzo. Pour moi c’était un signe. Lorsque je suis revenue une deuxième fois en Inde voir cet atelier c’était pour leur proposer de collaborer avec moi pour m’aider à produire certaines de mes créations. Ils ont accepté. Nous avons mis deux ans à nous accorder sur nos process de création. Ce que j’admire chez eux c’est leur volonté de bien faire et de réussir chacun des challenges. Je sais que je peux compter sur eux. Aujourd’hui cet atelier m’aide à produire différentes parties de mes pièces.

Le succès a-t-il été immédiat ?

Je ne sais pas si on peut parler de succès, mais j’ai tout fait pour être prête. Et dès mon premier salon, les commandes ont afflué. Mes acheteurs sont majoritairement des professionnels qui passent directement commande de plusieurs pièces. Et depuis que l’Honorable existe, en 2017, mes créations sont présentes dans des magasins d’hôtels, des musées, des concepts stores, des plus grosses boutiques aussi en France et à l’International. Je suis d’ailleurs très présente au Japon et en Corée où l’Honorable est très “Kawaï” !

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

La nature m’inspire. Mes voyages m’inspirent. Chine, Malaisie, New-York…. Je ramène toujours des petites choses, je vais fouiner dans les merceries. Par exemple, au Vietnam, je me souviens d’une mamie qui créait dans la rue. Elle avait un sac rempli de vieux collants. Cela m’a inspiré la création d’ailes et d’écailles avec sa technique.

J’ai toujours accumulé plein de matières, des bijoux, des petits pièces. Toute petite déjà je créais. J’enfilais des perles, je faisais de la broderie sur du papier, des crocodiles en perles. Il y a beaucoup de choses aussi qui me viennent de ma grand-mère. Et tout ce que j’ai accumulé au fil des années m’aide aujourd’hui à créer mes pièces.

Comment imagines-tu chaque pièce ?

Je ne travaille que sur des grandes pièces, c’est ce qui fait ma singularité. Pour les pièces les plus figuratives, je fais des croquis avec des annotations techniques qui vont ensuite guider ma création brodée. Pour les pièces abstraites, je travaille d’avantage sur des gammes de couleurs, de matières qui m’inspirent et que je vais assembler sans fixer pour faire des essais. Puis je fais mes prototypes sur cercle. Ce que j’aime avec la broderie, c’est que tout est possible. Des fils, des paillettes, des tissus, je peux utiliser tous les matériaux que je souhaite pour obtenir le résultat souhaité. Je ne fais aucune concession et ma liberté de création est infinie ! Pour faire chaque pièce, il faut compter au minimum 5h et jusqu’à plus de 20h de travail.

Pourquoi avoir choisi "L'Honorable" comme nom ?

Souvent, on ne se rend pas compte du temps de création qu’il faut pour ce genre de pièces. J’avais envie de mettre en valeur ce temps précieux et la notion de fait-main. L’Honorable me paraissait être le mot juste pour exprimer ces termes. J’aime me dire que l’Honorable valorise un courant de broderies plus contemporain, des pièces brodées créatives, précieuses et espiègles.

Cette histoire inspirante vous a été proposée par Gina + Damien

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